J'attends un sms ... et le bip sonne ! Je suis en disponibilité depuis à peine 20 minutes. Rapide coup d'oeil à l'écran : FPTHC, ce qui signifie tenue de feu complète, casque et gants. Tout est dans la voiture. J'enlève l'écran anti-givre et en route pour le centre.
On nous annonce un feu de cheminée. Classique. Juste au bout de la rue. Ça pourrait être chez elle, chez lui, chez moi. Chez eux. Rien de méchant a priori.
Nous montons à l'étage pour vider le foyer. La fumée sort encore. De la maçonnerie. Plusieurs hypothèses, une décision à prendre. Il nous faut démonter l'ensemble. J'ai lu hier soir un article sur un joint de dilatation au CH de Rennes qui s'était consumé. Je suis donc encore plus tenace pour trouver la cause de ces sons si peu perceptibles de combustion. Une trace de braise sous la plaque de sol. Nous poursuivons notre oeuvre de démolition tandis que l'autre équipe part en reconnaissance derrière le mur.
Et enfin la voilà. La poutre noircie, charbonnée, qui se consume lentement mais inexorablement. Je n'ai pas encore vu de flammes mais je suis tranquille pour cette famille qui connaît maintenant mieux le danger d'une petite flambée.
samedi 26 janvier 2008
samedi 1 décembre 2007
pas de grass'mat' pour les braves
Vendredi 30 novembre.
Après trois longs mois de formations et activités diverses, je me prépare enfin à une grasse matinée bien méritée le lendemain. Je veille à déprogrammer tous les réveils de la maison, je débranche le téléphone fixe, j'éteind mon portable ... et dodo.
Quand tout un coup un bruit suspect me sort d'un sommeil réparateur mais trop court. Je regarde incréduble mon portable dont j'ai il y a quelques jours sélectionné une sonnerie spéciale pour un être spécial. Mais non. Quelque chose clignote et vibre.
Le bip. Ce bip muet depuis trois mois. Mon bip qui me sort du lit en moins de trois secondes. Retrouver les chaussettes, le polo, le pull. Ne pas oublier la montre. Récupérer les barrettes. Je me précipite en bas. Je finis de serrer la ceinture en enfilant les bottes. Attraper la veste et la parka. Les clefs.
Il pleut, je pense à un accident de la route. Je n'ai pas très envie d'assister à cela. Contact, je démarre. Je me trouve plus calme que les premières fois. J'ai envie de secourir.
Arrivée première au centre. Je ferme les bottes, me précipite vers la porte en enfilant la veste. J'ouvre la porte de la remise. Le VSAB me fait un clin d'œil dans la pénombre. Le conducteur arrive, suivi du 4ème. Tout est prêt, le chef se présente et nous partons.
Le monsieur souffre depuis quelques heures. Il a déjà été pris en charge la semaine dernière. N'a pas acheté les médicaments prescrits. Sa femme auprès de lui semble très contrariée. Elle n'a pas dormi non plus à le veiller. Nous sommes fâchés aussi. Tant de moyens pour une négligence. Mais nous ne sommes pas là pour juger. Juste faire "le job". Le médecin de l'hôpital fera la leçon.
Première sortie depuis trois mois. Contente d'avoir renoué avec le bip, d'avoir retrouvé l'esprit d'équipe. Le trajet du retour se fait dans une bonne humeur certaine.
L'aube poindra dans une heure. Nous nous sommes levés tôt et il parait que le monde nous appartient.
Après trois longs mois de formations et activités diverses, je me prépare enfin à une grasse matinée bien méritée le lendemain. Je veille à déprogrammer tous les réveils de la maison, je débranche le téléphone fixe, j'éteind mon portable ... et dodo.
Quand tout un coup un bruit suspect me sort d'un sommeil réparateur mais trop court. Je regarde incréduble mon portable dont j'ai il y a quelques jours sélectionné une sonnerie spéciale pour un être spécial. Mais non. Quelque chose clignote et vibre.
Le bip. Ce bip muet depuis trois mois. Mon bip qui me sort du lit en moins de trois secondes. Retrouver les chaussettes, le polo, le pull. Ne pas oublier la montre. Récupérer les barrettes. Je me précipite en bas. Je finis de serrer la ceinture en enfilant les bottes. Attraper la veste et la parka. Les clefs.
Il pleut, je pense à un accident de la route. Je n'ai pas très envie d'assister à cela. Contact, je démarre. Je me trouve plus calme que les premières fois. J'ai envie de secourir.
Arrivée première au centre. Je ferme les bottes, me précipite vers la porte en enfilant la veste. J'ouvre la porte de la remise. Le VSAB me fait un clin d'œil dans la pénombre. Le conducteur arrive, suivi du 4ème. Tout est prêt, le chef se présente et nous partons.
Le monsieur souffre depuis quelques heures. Il a déjà été pris en charge la semaine dernière. N'a pas acheté les médicaments prescrits. Sa femme auprès de lui semble très contrariée. Elle n'a pas dormi non plus à le veiller. Nous sommes fâchés aussi. Tant de moyens pour une négligence. Mais nous ne sommes pas là pour juger. Juste faire "le job". Le médecin de l'hôpital fera la leçon.
Première sortie depuis trois mois. Contente d'avoir renoué avec le bip, d'avoir retrouvé l'esprit d'équipe. Le trajet du retour se fait dans une bonne humeur certaine.
L'aube poindra dans une heure. Nous nous sommes levés tôt et il parait que le monde nous appartient.
mardi 13 novembre 2007
au secours du patrimoine
Une note affichée au standard. Recherche de volontaires pour participer à une manœuvre au château de Fontainebleau. Une occasion "safe" de mettre en œuvre ce que j'ai appris durant la FI. Il n'est pas trop tard pour s'inscrire. Je pose un jour de RTT et me voilà affectée au fourgon.
Mardi 06h30. La peur au ventre me réveille. J'aurais pu dormir mais non. J'ai un rendez-vous important pour défendre une part de notre histoire. Je rejoins le centre de Fontainebleau, l'estomac dans les talons. Me souviens pas avoir déjà eu un tel trac. Peur de mal faire, angoisse du regard des autres. Fontainebleau est un peu la référence chez nous. J'y ai reçu officiellement mon casque et l'émotion me saisie en pénétrant dans la remise.
Tout le monde a l'air à l'aise. Je dois le paraitre aussi car personne ne se soucie de moi. Je suis juste là pour un exercice. Rien de grave. Je retrouve le reste de l'équipage. Spontanément je retrouve ma place en tant qu'équipier. Je ne sais même plus si je suis à l'attaque ou à l'alimentation. Le reste du groupe commence à discuter. On se présente. Je reconnais un caporal fraîchement nommé. Le monde est petit finalement et je lui appartiens. Je préviens que j'ai un trac fou, que c'est la première fois... mon chef de binôme semble contrarié. Une fille en plus...
Point de rassemblement. Je reconnais quelques têtes. L'atmosphère se détend. Y'a des galons partout et je me rémémore les grades. Nous partons enfin aux sons des deux-tons. Premier fourgon sur les lieux sous couvert de la sirène. Nous assurons l'alimentation de l'échelle depuis l'étang aux Carpes. J'envisage le monument sous un autre angle. Je ne suis plus une touriste, je fais partie de sa défense. Je suis sapeur-pompier et je n'ai plus peur.
Nous recevons une autre mission, celle du sauvetage des oeuvres. Des plans, des escaliers qui sentent bon la cire, des galeries désertes. Et une quantité impressionnante d'observateurs. Nous descendons le premier tableau, puis les hommes affectés en principal à cette action nous relaient pour que nous puissions suivre la visite organisée, orientée sur la sauvegarde des œuvres. Comment les choisir, comment les porter, les décrocher, les sauver. Les vases, les tentures, les fauteuils prennent vie. Ils sont nos victimes à secourir.
Le Parisien (payant :( )
Lettre de l'Etat
Mardi 06h30. La peur au ventre me réveille. J'aurais pu dormir mais non. J'ai un rendez-vous important pour défendre une part de notre histoire. Je rejoins le centre de Fontainebleau, l'estomac dans les talons. Me souviens pas avoir déjà eu un tel trac. Peur de mal faire, angoisse du regard des autres. Fontainebleau est un peu la référence chez nous. J'y ai reçu officiellement mon casque et l'émotion me saisie en pénétrant dans la remise.
Tout le monde a l'air à l'aise. Je dois le paraitre aussi car personne ne se soucie de moi. Je suis juste là pour un exercice. Rien de grave. Je retrouve le reste de l'équipage. Spontanément je retrouve ma place en tant qu'équipier. Je ne sais même plus si je suis à l'attaque ou à l'alimentation. Le reste du groupe commence à discuter. On se présente. Je reconnais un caporal fraîchement nommé. Le monde est petit finalement et je lui appartiens. Je préviens que j'ai un trac fou, que c'est la première fois... mon chef de binôme semble contrarié. Une fille en plus...
Point de rassemblement. Je reconnais quelques têtes. L'atmosphère se détend. Y'a des galons partout et je me rémémore les grades. Nous partons enfin aux sons des deux-tons. Premier fourgon sur les lieux sous couvert de la sirène. Nous assurons l'alimentation de l'échelle depuis l'étang aux Carpes. J'envisage le monument sous un autre angle. Je ne suis plus une touriste, je fais partie de sa défense. Je suis sapeur-pompier et je n'ai plus peur.
Nous recevons une autre mission, celle du sauvetage des oeuvres. Des plans, des escaliers qui sentent bon la cire, des galeries désertes. Et une quantité impressionnante d'observateurs. Nous descendons le premier tableau, puis les hommes affectés en principal à cette action nous relaient pour que nous puissions suivre la visite organisée, orientée sur la sauvegarde des œuvres. Comment les choisir, comment les porter, les décrocher, les sauver. Les vases, les tentures, les fauteuils prennent vie. Ils sont nos victimes à secourir.
Le Parisien (payant :( )
Lettre de l'Etat
vendredi 2 novembre 2007
le secours routier
bon, promis dès que j'ai un peu plus de temps je vous livre ici mes impressions
(à venir donc)
(à venir donc)
vendredi 14 septembre 2007
la formation initiale
Je suis en train de la faire, donc je vous remercie d'avance de votre patience, je n'ai vraiment pas une minute à moi pour rédiger un peu.
(à venir)
(à venir)
vendredi 31 août 2007
dimanche 19 août 2007
deux chiens
Deux animaux dangereux sont signalés errant aux abords du village. Nous partons pour tenter une capture.
Il s'agit d'un grand mâle de type labrador accompagné d'une femelle plus petite qui ressemble à du berger belge. Ils n'ont pas l'air agressifs mais ce qui me choque tout d'abord c'est leur maigreur et leur obstination farouche à rester si proches.
Je tente une approche et le mâle curieux vient rapidement à ma rencontre. Mon nouveau compagnon de jeu aboie à deux mètres de moi en signe de "voilà ma distance de sécurité, tu n'approches pas plus". J'essaie quelques ordres simples mais pas de réaction. Il revient à sa femelle restée en retrait.
Leurs silhouettes faméliques nous interpellent. Une habitante revient avec force jambon et pain. Le mâle, toujours lui, renifle à peine, et s'en retourne. Ils n'ont pas faim de manger. Juste faim de rester seuls tous les deux pour ce qu'ils ont à accomplir. Nous tentons de les séparer, et de les approcher au plus près pour utiliser le lasso en bout de canne. Rien n'y fait. Leur vigilance qui semble s'assoupir reprend de plus belle à la dernière seconde. Ils n'attaqueront pas, mais ne se laisseront pas prendre. Nous demandons le renfort du tireur et son fusil à seringue.
Le champ dans lequel nous nous trouvons est une friche assez grande et plane. Il fait chaud dans la tenue que nous ne pouvons quitter pour raisons de sécurité. Attendre. Le soleil se rapproche de l'horizon. Mon esprit s'échappe et vole vers les plaines d'Afrique que je ne connais pourtant pas. Il ne s'agit plus ici de tuer mais d'apprivoiser. Ce couple, retiré loin de la civilisation pour s'aimer en secret, loin du regard de tous. Je prête aux chiens des intentions humaines. Ils sont couchés l'un près de l'autre, épuisés. Je note à quel point la femelle ne prend aucune initiative d'approche. Son mâle est toujours à la défendre, à veiller sur elle avec une ardeur que je n'avais jamais vue sauf des juments poulinières par rapport à leur petit. L'instinct animal. Je prête à ses bêtes des intentions humaines. Et je me découvre à l'affût de leur instinct. Je deviens animale. Je ressens leurs êtres, leur force unie. L'air s'épaissit, je deviens chasseur de vie dans la steppe africaine. Je suis féline.
L'arrivée des renforts me tire de ma rêverie. Contact avec le vétérinaire. Choisir l'animal. Doser le produit. Tenter de s'approcher. Mais les bêtes ont repris du poil, et trop d'hommes dans leur prairie c'est le danger qui grandit. Cette fois, ils filent, pas très vite, mais vers les habitations, vers la route. Sécuriser leur traversée à tout prix. Les retrouver de l'autre côté. S'approcher. Tirer ... Un champ de maïs devient leur abri. La nuit qui tombe leur meilleure chance de salut.
Le propriétaire de la parcelle alerté par notre présence nous précise que la culture s'étend sur plusieurs hectares, parsemés de quelques pièges. Pas de lune. Plus de bruit. Nous devons abandonner ici ces deux amants perdus.
Il s'agit d'un grand mâle de type labrador accompagné d'une femelle plus petite qui ressemble à du berger belge. Ils n'ont pas l'air agressifs mais ce qui me choque tout d'abord c'est leur maigreur et leur obstination farouche à rester si proches.
Je tente une approche et le mâle curieux vient rapidement à ma rencontre. Mon nouveau compagnon de jeu aboie à deux mètres de moi en signe de "voilà ma distance de sécurité, tu n'approches pas plus". J'essaie quelques ordres simples mais pas de réaction. Il revient à sa femelle restée en retrait.
Leurs silhouettes faméliques nous interpellent. Une habitante revient avec force jambon et pain. Le mâle, toujours lui, renifle à peine, et s'en retourne. Ils n'ont pas faim de manger. Juste faim de rester seuls tous les deux pour ce qu'ils ont à accomplir. Nous tentons de les séparer, et de les approcher au plus près pour utiliser le lasso en bout de canne. Rien n'y fait. Leur vigilance qui semble s'assoupir reprend de plus belle à la dernière seconde. Ils n'attaqueront pas, mais ne se laisseront pas prendre. Nous demandons le renfort du tireur et son fusil à seringue.
Le champ dans lequel nous nous trouvons est une friche assez grande et plane. Il fait chaud dans la tenue que nous ne pouvons quitter pour raisons de sécurité. Attendre. Le soleil se rapproche de l'horizon. Mon esprit s'échappe et vole vers les plaines d'Afrique que je ne connais pourtant pas. Il ne s'agit plus ici de tuer mais d'apprivoiser. Ce couple, retiré loin de la civilisation pour s'aimer en secret, loin du regard de tous. Je prête aux chiens des intentions humaines. Ils sont couchés l'un près de l'autre, épuisés. Je note à quel point la femelle ne prend aucune initiative d'approche. Son mâle est toujours à la défendre, à veiller sur elle avec une ardeur que je n'avais jamais vue sauf des juments poulinières par rapport à leur petit. L'instinct animal. Je prête à ses bêtes des intentions humaines. Et je me découvre à l'affût de leur instinct. Je deviens animale. Je ressens leurs êtres, leur force unie. L'air s'épaissit, je deviens chasseur de vie dans la steppe africaine. Je suis féline.
L'arrivée des renforts me tire de ma rêverie. Contact avec le vétérinaire. Choisir l'animal. Doser le produit. Tenter de s'approcher. Mais les bêtes ont repris du poil, et trop d'hommes dans leur prairie c'est le danger qui grandit. Cette fois, ils filent, pas très vite, mais vers les habitations, vers la route. Sécuriser leur traversée à tout prix. Les retrouver de l'autre côté. S'approcher. Tirer ... Un champ de maïs devient leur abri. La nuit qui tombe leur meilleure chance de salut.
Le propriétaire de la parcelle alerté par notre présence nous précise que la culture s'étend sur plusieurs hectares, parsemés de quelques pièges. Pas de lune. Plus de bruit. Nous devons abandonner ici ces deux amants perdus.
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